Pablo Escobar brassait tellement de cash que il ne pouvait même plus le blanchir

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ATTENTION : cet article n’est en rien une apologie du blanchiment d’argent, du trafic de drogue ou d’une quelconque activité criminelle. C’est de l’information économique et un peu de culture générale avec quelques détails croustillants sur la vie de Pablo Escobar. « Crime doesn’t pay ».

 

Le blanchiment

 

Quand on est un (petit) criminel, d’abord on dépose de petites sommes à la banque, c’est le début de carrière. Entre vos dépenses courantes et le peu que vous gagnez… Les sommes à mettre au coffre sont petites et n’éveillent pas de soupçons, personne ne vous demandera de justifier des montants.

Ensuite ?… Ben ensuite en général on en reste là, dans 99 % des cas on se fait cramer par un képi, on va en taule comme un con, et on arrête là après avoir fait beaucoup de peine à son entourage. Au moins temporairement parceque même pour les plus téméraires l’étape 2 ce ne sera pas avant la sortie.

 

Bon mettons que ça se passes bien et que les sommes deviennent plus importantes. Là c’est trop gros, ça va se voir si vous déposez des liasses de 2 kilos à la banque, donc il faut « blanchir » l’argent, c’est à dire le rendre légal. Comment ? Il y a plein de méthodes connues et encore bien d’autres à inventer. Restons sur les classiques :

Les casinos et le jeu en général : vous jouez 100 d’argent criminel à la roulette et ne gagnez que 50. Vous avez perdu la moitié de votre argent, mais les 50 gagnés sont parfaitement légaux et blanchis. Faites faire ça par des dizaines de complices dans les bars PMU et les casinos physiques ou en ligne, vous commencez déjà à blanchir pas mal. Le problème c’est qu’on en perd au passage sur la somme totale, et qu’à partir de certains montants il faut gérer des armées de complices, galère quoi.

La complicité de certain banquiers, c’est vraiment pas mal, peut être même un des moyens les plus sûrs et confortable, mais c’est de plus en plus difficile avec les nouvelles normes, lois, contrôles de trouver un banquier open, ce n’est plus ce que c’était du temps de Pablo, qui lui avait des complicités dans tout Medellín.

Les investissements dans des sociétés ou beaucoup de transactions se font en argent liquide, comme les bars, les boîtes de nuit, les restaurants, les lieux de loisir en général. Pour Pablo c’était les taxis. 3 taxis et des millions de chiffre d’affaire (enfin, officiellement), la société de taxis la plus rentable qui n’ait jamais existé !

Les montages financiers (holdings, participations, versements de primes, emplois fictifs, transferts de fonds à répétition pour perdre la trace de l’origine de l’argent) dans des pays peu regardants sur l’origine des fonds ou/et qui pratiquent le secret bancaire, bref, les paradis fiscaux (Caïmans, Belize, Panama la liste est longue et chacun à sa spécialité et son « niveau » de corruption vs. respectabilité, ce n’est jamais manichéen). C’est très cool, mais réservé à une élite entourée de bons avocats, d’ingénieurs financiers, de logisticiens, de fiscalistes. En même temps si vous en êtes là, c’est que c’est que vous avez bien réussi et que vous êtes une pointure vous même, vous trouverez donc le personnel ad hoc.

Certains produits bancaires comme l’assurance vie peuvent aussi faire la farce.

Voilà, ce sont juste quelques exemples qui suffisent à expliquer le principe.

 

Enfin quand on gagne tellement lourd qu’on a plus de « machine à laver » assez grosse pour blanchir tout son argent, ben on stocke comme on peut des wagons d’argent liquide. À tel point qu’Escobar achetait pour 2500 $ (dollars) d’élastiques par mois pour faire ses liasses d’argent liquide.

Avec $ 2500 dans les années 80, on achetait probablement une tonne d’élastiques (et aujourd’hui même au détail ça vaut environ 10 $ du kilo soit 250 kilos)… Ça fait vraiment beaucoup d’argent. Sa fortune était estimée à 25 milliards de dollars par le magasine Forbes en 1989, qui le plaçait au 7ème rang des Hommes les plus riches de la planète.

 

Quand on brasse autant d’argent liquide, le problème c’est qu’il faut le stocker, le transporter, le sécuriser, le cacher et on en perd, on s’en fait voler, et même… manger par les rats (la comptabilité de Pablo Escobar attribuait 10 % de pertes de cash à ce qui était mangé par les rats, véridique :) ).

Et puis y compris dans ce cas là, au sommet de la pyramide des dealers, ça finit toujours aussi mal. Pablo Escobar est mort abattu par la police sur un toit, en fuite et pieds nus, 12 balles dans la peau, à tout juste 44 ans et un jour.

 

Son fric ne lui sert plus a rien mais il en a tellement planqué partout en Colombie que si les billets ont encore cours aujourd’hui… Je serais pas étonné que l’on découvre encore quelques magots planqués sous terre.

 

Si le sujet « Pablo Escobar » vous intéresse, nous vous recommandons l’excellente série « Narcos » sur Netflix. La saison 1 est vraiment sympa.

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