20 secondes de fuel – L’alunissage d’Armstrong

 

Apollo 11 est LA mission du programme spatial américain qui a posé les premiers Hommes sur la Lune le 20 juillet 1969 (Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin – qui en réalité s’appelle Edwin Eugene Aldrin junior… on comprend qu’il ait pris un surnom :) ).

Le programme Apollo en lui même commence en 1961 à l’initiative du président Kennedy qui veut poser un équipage sain et sauf sur la Lune avant la fin des années 60, pour battre l’Union soviétique dans la conquête spatiale (nous sommes à l’époque en pleine guerre froide, l’URSS et les États-Unis jouent à celui qui a la plus grosse).

C’est Neil Armstrong qui pilote le module lunaire (Lunar Module – LM, ou LEM en français – c’est le petit engin qui se détache du gros module de commande en orbite autours de la Lune, pour finir le trajet et se poser à sa surface). À cause des bugs du pilote automatique qui l’envoie sur des rochers, il passe en manuel et dévie sa trajectoire pour trouver un site adapté à l’alunissage 7 kilomètres plus loin. La manÅ“uvre l’oblige à consommer plus de carburant que prévu et il se pose finalement avec juste 20 secondes de fuel restant pour l’alunissage (d’essence quoi – et plus précisément de propergol qui est le carburant des fusées)… chaud.

Alors attention, ce chiffre est controversé sur pas mal de forums et de blogs parce que l’analyse de la mission après le vol a détecté beaucoup d’anomalies, notamment dans les capteurs de la jauge de carburant qui ne mesurait pas correctement ce que contenait le réservoir, et qu’il a fallu pas mal de temps pour trier le vrai du faux. Si vous cliquez ici nous avons mis le lien vers le rapport final et officiel de la NASA sur le sujet.

Le vrai chiffre est 25 secondes. Cependant il y en a 20 de plus qui étaient réservées au retours d’urgence en cas d’abandon de mission, soit 45 secondes de fuel au total. Sachant que la jauge à carburant ne fonctionnait pas correctement, et qu’il faut prévoir le retour… on a quand même frôlé un drame.

Ceci dit Armstrong c’est une bête de pilote sélectionné, comme la plus part des astronautes qui ont participé à la conquête spatiale, pour ses aptitudes au pilotage, ses capacités physiques hors normes et son sang froid exceptionnel, le mec posé en toute circonstances quoi.

Et quand je dis une bête de pilote je mesure mes mots : même sous pression, perdu dans l’espace à presque 400.000 km de la Terre, dans une boite de conserve qui est son seul refuge face au vide sidéral, avec le pilote automatique qui déconne, le crash évité sur les rochers, et presque plus d’essence, le mec a malgré tout posé le LEM si délicatement, que les amortisseurs censés s’écraser lors de l’alunissage sont restés intacts ! Bon du coup ils étaient plus hauts que prévu quand ils sont sortis du LEM et ils ont du carrément sauter sur le sol lunaire. En posant le pied sur la Lune, Armstrong a dit « un petit pas pour l’homme un grand pas pour l’humanité » (That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind) pour le citer correctement et dans sa langue. Le [a] est entre crochets parce qu’il s’est foiré, il ne l’a pas prononcé, mais c’est bien ce qu’il voulait dire.

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